Comment planifier une simulation de course OCR de 2 heures pour identifier et corriger vos points faibles

Comment planifier une simulation de course OCR de 2 heures pour identifier et corriger vos points faibles

Organiser une simulation de course OCR de 2 heures est, pour moi, l'un des meilleurs moyens de révéler ce qui cloche dans votre préparation avant d'arriver sur la ligne de départ. Plutôt que de courir à l'aveugle ou d'enchaîner des séances fragmentées, je construis une session qui reproduit l'intensité, la diversité d'obstacles et la gestion mentale que je vivrai en compétition. Ici, je vous partage mon protocole pratique, mes astuces matérielles et la façon dont j'analyse les résultats pour corriger durablement les points faibles.

Pourquoi une simulation de 2 heures ?

Une course OCR typique peut durer entre 30 minutes et plusieurs heures. Une simulation ciblée de 2 heures permet de combiner effort continu, répétitions d'obstacles techniques et fatigue musculaire progressive : c'est suffisamment long pour déclencher des défauts de technique ou de gestion d'énergie sans nécessiter une logistique extrême. Pour moi, c'est le compromis idéal pour tester l'endurance, la force, la technique et la nutrition en conditions proches de la compétition.

Définir vos objectifs avant la simulation

Avant chaque simulation, je pose toujours des objectifs clairs. Sans objectif, on ne peut pas mesurer l'amélioration.

  • Objectif physiologique : travailler un seuil, une zone de fréquence cardiaque ou une intensité perçue (RPE).
  • Objectif technique : enchaîner des obstacles spécifiques (monter à la corde, traverser un monkey bar, franchir un mur) sans détérioration de la technique.
  • Objectif tactique : tester la stratégie de répartition d'effort, passages de relais, ou gestion des files d'attente.
  • Objectif matériel : valider chaussures (Salomon, Inov-8), gants, ceinture porte-bidon, et l'accroche du sac.
  • Plan logistique : où et comment

    Choisissez un parcours qui combine sentiers, zones techniques et un peu de dénivelé. J'utilise souvent un mélange de forêt et d'aire d'entraînement (ou une base OCR si disponible). Prévoyez :

  • Un circuit de 8–12 km répété deux fois ou adapté pour durer 2 heures en mixant sections courues et ateliers obstacles.
  • Points de ravitaillement toutes les 25–30 minutes pour tester votre nutrition.
  • Un camarade ou un coach pour prendre des notes et filmer certains passages techniques.
  • Structure type d'une simulation de 2 heures

    Voici la structure que j'applique systématiquement. Elle est modulable selon votre niveau et les objectifs fixés.

    PhaseDuréeContenu
    Échauffement15 minJogging léger, mobilités hanches/épaules, 4-6 éducatifs (skipping, talons-fesses), 2-3 sprints progressifs
    Bloc 1 — Endurance + obstacles45 minCourse stable (70–80% FCmax) + 8-10 obstacles techniques espacés tous les 5–7 min
    Bloc 2 — Intensité30 minIntervalles (6x2 min intenses / 1 min récup) + obstacles lourds (portage, traction)
    Bloc 3 — Accumulation/fatigue20 minCourse au seuil perçu + enchaînements rapides d'obstacles pour simuler la fatigue
    Retour au calme10 minCourse lente, étirements, prise de notes immédiate

    Choix du matériel et tests à réaliser

    Je profite d'une simulation pour valider chaque élément de mon équipement :

  • Chaussures : tester adhérence boue/roche (Inov-8, Salomon Speedcross ou XA Pro selon terrain).
  • Gants : vérifier prise sur monkey bars, cordes et filets (gants légers pour obstacle technique, gants renforcés pour portage).
  • Sac ou ceinture : tester confort et stabilité (Nathan, Ultimate Direction).
  • Nutrition : boire selon plan ou tester gels/boissons isotoniques ; noter tout inconfort digestif.
  • Mesures à enregistrer pendant la simulation

    Plus vous collectez de données, plus votre analyse sera précise. Voici ce que je note systématiquement :

  • Temps total et temps de passage par boucle.
  • Fréquence cardiaque moyenne et maximale (Polar, Garmin).
  • Puissance si vous avez un capteur (Stryd) — utile pour objectiver l'effort sur terrain variable.
  • Perception d'effort en fin de chaque bloc (Échelle 1–10).
  • Erreurs techniques observées : pieds qui glissent, prise qui lâche, posture de portage, etc.
  • Réactions digestives et besoin en eau.
  • Comment analyser la session pour identifier les points faibles

    Après la session, j'opère en trois étapes :

  • Débrief immédiat : 10 minutes après la fin, je note tout ce que je ressens (douleurs, essoufflement, passages bloquants).
  • Analyse vidéo/chrono : je regarde les points difficiles au ralenti : technique de franchissement, cadence de course, perte d'appui.
  • Comparaison des données : je recoupe FC, puissance et sensations : une baisse de puissance avec FC stable indique fatigue musculaire ; une FC qui grimpe beaucoup pour une puissance stable indique manque d'endurance aérobie.
  • Erreurs fréquentes révélées par la simulation

    En pratiquant ces simulations, j'ai vu revenir plusieurs défauts communs :

  • Perte de technique sur obstacles après 60–90 minutes — signe de déficit en endurance musculaire spécifique.
  • Mauvaise gestion hydrique : trop d'eau provoque un ballonnement, pas assez réduit la concentration et la performance.
  • Chaussures inadaptées : glissement sur montée boueuse ou manque d'amorti sur longues trajectoires.
  • Manque de relâchement mental dans les files d'attente et transitions — perte de temps et d'énergie.
  • Plan d'action pour corriger les points faibles

    Une fois le diagnostic posé, j'établis toujours un micro-plan de 4 semaines :

  • Renforcement ciblé : 2 séances par semaine de renforcement (gainage, tirage, squat bulgare, farmer carry) pour améliorer la tenue sur obstacles.
  • Sessions d'endurance spécifique : 1 séance longue (90–120 min) par semaine avec obstacles espacés pour habituer le corps à répéter les efforts.
  • Technique : atelier obstacles 1 fois par semaine (corde, monkey bars, wall) pour automatiser les gestes même en fatigue.
  • Nutrition : tester différentes combinaisons gels / barres pendant les sorties longues et noter tolérance.
  • Exemple de fiche d'auto-évaluation à remplir après chaque simulation

    CritèreNotation (1-5)Commentaires
    Adhérence chaussures
    Gestion hydrique
    Technique obstacles
    Endurance générale
    Récupération post-sim

    Réaliser régulièrement cette simulation sur un cycle de préparation (toutes les 3–6 semaines) permet d'observer des progrès tangibles et d'ajuster votre plan d'entraînement. Sur Xtremebattlechallenge (https://www.xtremebattlechallenge.fr), je publie des formats de séances et des exemples concrets que j'utilise moi-même lors de mes préparations ; n'hésitez pas à me dire quel niveau vous êtes pour que je vous oriente vers une version adaptée.


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